Ceci n'est pas une pipe : l'importance de la modélisation pour les humanités numériques

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Mardi, 16 Décembre, 2014 -
de 12:15 à 13:15
Lou Burnard

Récemment, on a vu émerger de l'ombre de l'inter-disciplinarité une discipline nouvelle qui s'appelle les Humanités Numériques (Humanités Digitales en Suisse, Digital Humanities ailleurs). Elle représente pour tout le domaine des sciences humaines la confrontation, puis l'adaptation aux méthodes et possibilités des technologies nouvelles.
Ces technologies comprennent notamment l'informatique, mais aussi la statistique, la linguistique computationnelle, et la visualisation de données. Mais cette émergence ne serait en fait qu'une évolution, voire une continuation, d'un débat assez ancien – déjà perceptible au XIXe siècle -- qui opposerait les sciences dures aux sciences humaines. Dans cette communication, j'avance l'idée que cette opposition semble d'origine plus sociale que méthodologique, et que les méthodes des SHS et celles des sciences dites dures ne sont pas si éloignées. C'est la création, l'évaluation, et la manipulation des modèles et des hypothèses qui caractérisent tout effort d'élargissement de la science, et la modélisation comme processus abstrait devrait donc être au centre de nos disciplines, qu'il s'agisse de la modélisation des structures textuelles et linguistiques, de la modélisation des procédures informatiques, ou de la modélisation du monde physique.

Informations complémentaires: 

Lou Burnard a obtenu son DEA en littérature anglaise du XIXe siècle à Oxford en 1971.
De 2002 à 2012, il a été Directeur-adjoint des Services Informatiques de l'Université d'Oxford où il s'occupait depuis des années de l'application de l'informatique au domaine des sciences humaines, surtout pour la linguistique de corpus (British National Corpus), les bibliothèques numériques (Oxford Text Archive), et l'encodage de textes (Text Encoding Initiative).
Actuellement retraité, il est un expert reconnu de ces domaines. Il a travaillé en France comme prestataire de services auprès d'Adonis et Huma-Num. Il est membre du Comité Scientifique des Maisons de Sciences de l'Homme de Caen et de Grenoble.