Gilets jaunes : entre citoyenneté émergente et populisme ? L. Gwiazdzinski

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Mardi, 3 Décembre, 2019 - de 12:15 à 13:15
Luc Gwiazdzinski

@Erik Porcher

Conférence à double voix avec Frédéric Gonthier et Luc Gwiazdzinski qui présenteront chacun leurs travaux respectifs.

Résumé de l'intervention de Luc Gwiazdzinski
Depuis novembre 2018, le mouvement des « Gilets jaunes », né d’une demande de pouvoir d’achat et de démocratie, a surgi dans l’espace public. En quelques mois, les hommes et les femmes en jaune ont imposé leur calendrier et transformé les ronds-points péri-urbains - objets techniques inhospitaliers - en dispositifs émergents (cafés, places publiques, ateliers d’éducation populaire…) de la fabrique du politique et des utopies concrètes.
A partir d’une enquête dans l’Est de la France et d’une immersion de plusieurs mois sur l’un de ces giratoires, cette intervention proposera une première analyse des lieux, des « modes de vie » et des rêves de leurs habitants temporaires. Elle questionnera l’hypothèse des « non-lieux » pour mettre en avant la fabrique de « lieux augmentés », comme autant de « lucioles » d’une constellation métropolitaine plus large.

Argumentaire commun
L’apparition en novembre 2018 du mouvement des « Gilets jaunes » n’a pas seulement interrogé la société et ses représentants. Elle est apparue comme un véritable laboratoire inédit et mouvant que les sciences sociales ont su investir selon des épistémologies multiples. Offerts à la fois à l'analyse anthropologique et à une sociologie compréhensives qui se sont attachées, par une immersion prolongée dans l’utopie des giratoires, à observer la fabrique du politique et des utopies concrètes, les gilets jaunes ont également inspiré une sociologie politique quantitative qui a pu y déceler trois marqueurs de populisme : l’anti-élitisme, la vision du peuple comme entité homogène, et la préférence pour la souveraineté populaire.
Comme si le positionnement épistémologique du chercheur induisait une rupture plus ou moins franche avec son objet, ces deux approches semblent décrire des groupes différents. Est-ce vraiment le cas ?
A travers leurs focales propres, le géographe et le politiste nous parleront d’un même phénomène, révélateur des tourbillons sociaux contemporains, mais aussi analyseur des méthodes d'observation que les chercheurs savent mettre en place pour capter l’effervescence sociale.

Cette conférence sera aussi retransmise en direct : https://youtu.be/FNqjOqb9zrU

Animateur :  - 

Informations complémentaires: 

 

Luc Gwiazdzinski est géographe et urbaniste à l’IUGA (Université Grenoble Alpes) où il dirige le master Innovation et territoire. Membre du laboratoire Pacte - CNRS, associé à l’EIREST (Paris 1 Panthéon Sorbonne) et au MOTU (Milan), ses travaux portent sur les temps, la nuit, les mobilités, les rythmes et les mobilisations dans l’espace public.
Il a dirigé de nombreux colloques et a publié une quinzaine d’ouvrages sur ces thématiques. A propos des Gilets jaunes, on peut citer :

  • Le rond-point totem, média et place publique ( Revue Multitudes,  n°74, 2019)
  • Avoir lieu : l’émergence des ronds-points (Geotema, automne 2019)
  • Sur la vague jaune, l’utopie d‘un rond-point. Bernard Floris et Luc Gwiazdzinski ( Elya Editions, 2019)